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Derek
Je revenais à moi à intervalles irréguliers. Personne ne semblait se préoccuper de ma présence, j’étais toujours seul dans la chambre. Je n’avais vu personne depuis que j’avais repris conscience pour la première fois. Mes blessures guérissaient, doucement. J’étais attaché au lit, bien sûr. Pas moyen de m’enfuir. Enfin, jusqu’à hier.
En me réveillant, mes bras comme mes jambes étaient libres. J’étais seul, une fois de plus. Je me levais avec doucement, mais ça ne m’empêchais pas d’être peu assuré sur mes jambes ni d’avoir la tête qui tournait. Cependant, ça s'estompa au bout de quelques minutes. Des vêtements étaient posés sur la chaise et bien évidemment ils m’allaient. J’étais encore relativement groggy, je ne me posais pas de questions.
Je m’habillais. Ensuite, je sortis de la chambre et suivit les flèches qui guidaient vers la sortie. Je redécouvrait l’air libre. Un homme m’interpela pour me demander une cigarette. C’est là que j’ai compris mon erreur : il savait qui j’étais et espérait que j’allais les mener à Elena. Je lui répondis de l’air le plus détaché que je pouvais que je n’avais pas de briquet et passais mon chemin.
J’étendis au maximum mes perceptions, bafouant nos lois pour rechercher ceux qui me suivaient. J’avais bon espoir que si je les découvrais, j’arriverais à les empêcher de me suivre. En attendant, je n’avais aucune envie de les emmener jusqu’à Elena. Je marchais donc, droit devant moi, faisant semblant d’ignorer mes poursuivants.
Pour finir, je décidais de brouiller leurs perceptions et de m’éloigner de là le plus possible. J’étendis donc mes fils mentaux pour leur envoyer une fausse image, et me mis à courir.
Sam
La secrétaire tapait à toute vitesse sur son clavier. Elle ne leva même pas les yeux à mon entrée. Je m’approchais d’elle, mais elle continuait à m’ignorer. Je n’avais jamais eu la moindre patience. Je décidais de me montrer donc grossier.
-Vous pourriez au moins dire bonjour quand quelqu’un entre.
Elle ne leva même pas la tête. La colère m’envahit avec force et je sentis mon sang bouillir dans mes veines. L’envie de la tuer était là rampant sous ma peau, s’insinuant dans mon esprit. Je ne pensais plus qu’à ça. J’en avais besoin. Je possédais cet hôpital. Il était tout simplement inadmissible qu’on ne me montre pas le respect qui m’était du. Impossible.
Je levais la main et laissait mon pouvoir la frapper elle se mit à gonfler, tenta désespérément de respirer. C’est alors qu’elle leva les yeux vers moi, horrifiée. Ses mains frappaient l’air. Elle gigotait sans vraiment comprendre se qui se passait. Finalement, ses yeux sortirent de ses orbites. Son crâne explosa. Le sang jaillit, m’éclaboussant. Je sentis la satisfaction m’envahir. Un rictus naquit sur mes lèvres. Elle n’avait eu que ce qu’elle méritait.
Rouge pantin, désarticulé sur sa chaise. Les gouttes de son fluide vital tombaient une à une sur le sol, formant petit à petit une mare sur les dalles blanches. Autour de moi, ce n’était que cris d’horreur et de peur. Je me tournais vers l’une des femmes, celle qui hurlait le plus fort. Je savais que mes yeux étaient désormais de la même couleur que les taches qui éclaboussaient mon visage.
Elle subit le même sort. Un lourd silence s’abattit sur la pièce alors que je savourais l’instant présent. Puis, se fut la débandade. Toutes les personnes présentes se mirent à courir dans tous les sens, se rentrant dedans et tentant de se tenir le plus loin possible de moi. J’éclatais de rire et ciblais au hasard une autre personne dans la foule.
L’homme s’immobilisa et regarda autour de lui, soudainement terrorisé. Il porta la main à sa tête, tentant désespérément de la compresser pour ne pas qu’elle explose. Pour m’amuser, je ciblais son torse. Des larmes de terreur coulaient le long de ses joues. Je faisais volontairement durer le plaisir. Cela me faisait un bien fou. J’aimais ça, au sens propre du terme.
Et puis, j’augmentais la pression et son thorax explosa avec un craquement sinistre. Ses poumons furent déchirés en lambeaux par les os, et son cœur jaillit de sa poitrine avant d’aller s’écraser contre le mur. Il resta debout une seconde avant que son équilibre ne disparaisse. Il tomba en arrière, comme au ralenti.
J’exultais. C’était si bon, c’était tellement parfait. La salle était désormais vide. Plus de victimes. C’était dommage. L’homme que j’avais placé directeur de cet hôpital se tenait dans l’encadrement d’une porte. Il secouait doucement la tête, me montrant qu’il désapprouvait mon action. Tant pis. Je m’en moquais. Le stress était partit. La haine aussi. J’étais désormais serein.
Derek
J’étais désormais seul et anonyme dans cette ville. Je n’en connaissais pas le nom, mais fort heureusement, tout le monde parlait la même langue que moi. J’espérais n’être pas sortit du pays. Ça serait relativement catastrophique. Je pensais un instant à voler une voiture pour partir de là, mais ma raison m’en empêcha. Elles étaient presque toutes équipées d’un système de prise de contrôle à distance, désormais. Je ne pourrais pas faire cent mètres que je me ferais épingler et conduire au poste de police le plus proche.
Je soupirais. Tout cela n’engageait rien de bon. Faire du stop ? Oui, pourquoi pas. C’était après tout une méthode indémodable de transport. Je tournais un instant sur moi-même, hésitant. Il me fallait tout de même gagner la sortie de la ville pour trouver une station service ou un quelconque autre lieu de passage des camions.
—Derek Hale. Je t’attendais.
Qui pouvait bien prononcer ainsi mon nom ? Un jeune homme, brun, souriant. Ses yeux noirs pétillaient. Il était assit sur un muret, en simple jeans et t shirt malgré le froid. Je ne l’avais jamais vu avant. Il me laissait à mes pensées, penchant un peu la tête sur le coté. Quel étrange bonhomme !
—On se connait ?
—Pas encore. Pas à ce moment de l’histoire.
Qu’est ce qu’il pouvait bien vouloir dire par là ? Ce moment de l’histoire ? Est-ce qu’il était capable de voyager dans le temps ou quoi ? Je n’y comprenais rien du tout. Finalement, j’haussais les épaules et me montrais un peu plus abrupt ce que je voulais :
—Qui es-tu et que me veux-tu ?
—Je m’appelle Seban. Je suis là parce que si je ne te donne pas un indice, tu vas tout faire foirer. Dans tous les futurs que j’ai visités jusqu’à présent, il n’y en a qu’un seul dans lequel tu ne mets pas Elena en péril.
—Quoi ?
—Tu ne dois pas te rendre au Manoir. Ils t’ont incorporé un traqueur dans le cerveau. Non seulement ils savent à tout moment où tu es, mais en plus ils peuvent te manipuler.
Je fermais les yeux une seconde. La nouvelle s’imprégnait dans mon esprit, me donnant à réfléchir. En effet, j’avais pu sortir de là d’une manière bien trop simple à mon goût. Et, avant que ce Seban ne mette le doigt dessus, je n’y avais même pas pensé. Que faire, donc ? Je ne pouvais vraiment pas rejoindre Elena. Je rouvris les yeux. Seban avait disparut. A sa place se trouvait un sac à dos gris.
Je me demandais un instant si ce sac était pour moi, et puis je le pris. Je m’éloignais, tête rentrée dans mes épaules. Je finis par trouver un coin tranquille pour regarder ce qu’il y avait là dedans : un passeport avec ma photographie et un nom d’emprunt, un billet d’avion pour la France, un calendrier avec une date entourée – sûrement celle d’aujourd’hui – un calepin sur lequel était noté une adresse, un peu d’argent. Ce qui attira le plus mon regard fut un étrange appareil gris avec un bouton ‘on off’. Je le tournais entre mes mains et finit par le laisser au fond du sac.
Mon avion partait deux heures plus tard, je pris donc un taxi pour me rendre à l’aéroport. Je ne savais pas vraiment pourquoi j’obéissais à cette injonction muette d’un inconnu. Au fond, peut être que je me dis que c’était la meilleure solution pour le moment. Peut être quelqu’un là bas pourrait m’enlever cette puce ?
Sam
Evidemment, je m’étais fais plus ou moins taper sur les doigts. C’est vrai qu’on ne tue pas des gens pour le plaisir à l’accueil d’un hôpital. En fait, je ne savais pas trop ce qui m’avait prit. J’en étais pourtant assez fier. Il n’y avait pas à dire : c’était jouissif de sentir ce pouvoir que j’avais sur les gens. Mais, comme ça ne semblait pas être l’avis général, je finis par faire de fausses excuses à mon interlocuteur. Il leva les yeux au ciel puis croisa les bras.
Visiblement, il avait compris que je ne le pensais pas une seule seconde. Bah !
Il passa ensuite aux choses sérieuses, et à l’objet de ma visite. L’homme ramené de ma dernière rafle s’était échappé comme prévus. Il avait lu ce qu’on voulait qu’il lise dans l’esprit des gardes qu’on avait placé sur son chemin. Et puis, il avait utilisé son don exactement comme espéré.
Bref, tout se passait pour le mieux. Mon plan était en marche, et j’allais enfin trouver la base de ceux qui me défiaient depuis un certain temps. Ensuite, il n’y aurait plus qu’à aller les détruire, et je pourrais continuer ma domination du monde.
A suivre
Bêta : Céline
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